Necocli, future perle du tourisme rural colombien

plage de necocli avec ses cocotiers en colombie

Necocli, Colombie

Une petite ville aux airs de village tout au nord-ouest de la Colombie, les pieds dans le Golfe Uraba, sur la mer des Caraïbes. Vous allez me dire ! Wouah l’eau turquoise, les palmiers et le sable blanc ! 😀 Eh bien non.

Necoclí déroge aux stéréotypes pour nous offrir une expérience que beaucoup de voyageurs appellent de leurs vœux : la fameuse authenticité. S’il y a un mot à la mode ces derniers temps pour mettre en valeur une destination touristique, c’est bien l’authenticité non ? Cette recherche utopique d’une destination où le voyageur se sentirait suffisamment immergé dans la vie locale pour ne pas ressentir l’étiquette « TOURISTE » qui colle à la peau du premier sac à dos venu. Alors cette utopie, ne la cherchez pas, elle n’existe pas. L’étiquette, malheureusement, vous l’avez sur le front, peinte en rose fluo. Mais est-ce si important que cela ? Surtout que si l’on s’en donne la peine, il est heureusement possible de se retrouver dans des endroits où l’on expérimentera cette sensation intéressante : sûrement pas celle d’être « comme un local » mais bien celle d’être l’attraction du moment, LE touriste perdu là où personne ne s’arrête jamais.

Pour revenir à Necocli, nous avons donc pu découvrir une destination bien éloignée des MUST DO colombiens. Une alternative totale à la surreprésentée Cartagena de Indias. Sachez que la Colombie va devenir LA destination à la mode. Pour le Lonely Planet, elle est déjà la destination n°2 pour 2017, autant vous dire que d’ici très bientôt elle sera la destination n°1. Tout le monde va se ruer en Colombie. Il est donc temps de trouver des petits trous de verdures où chante une rivière éloignés des MUST DO. Et Necoclí sera certainement cette oasis de tranquillité que vous chercherez d’ici peu pour éviter la foule des MUST DO.

Comment sommes-nous arrivés à Necocli ?

coucher de soleil sur la campagne de necocli en colombie

football sur la plage de necocli en colombie

enfants se baignent sur la plage de necocli en colombie

plage de necocli au coucher du soleil en colombie

L’histoire est jolie, elle ne sera pas la vôtre, mais elle m’aura permis de vous faire découvrir le coin et vous donner envie d’y aller.

Tout d’abord, notre projet était de retourner à Capurgana. Pour ceux qui ne le savent pas, Capurgana est en train de devenir un MUST DO colombien. Il y a encore trois ans de cela, ce village perdu à la frontière panaméenne n’était même pas dans les guides de voyage. Aujourd’hui, c’est bien différent. Mais j’ai une bonne amie là-bas, Victoria, qui tient la Bohemia Hostal, et je serai donc dans l’obligation de m’y rendre malgré tout lors de mes futurs voyages en Colombie. Ce qui ne sera pas non plus pour me déplaire, avouons-le.

Donc pour nous rendre à Capurgana, l’idée était de trouver une route différente à celle que j’avais empruntée il y a 3 ans pour y aller (à l’époque, j’avais pris une lancha depuis la ville de Turbo après un long voyage depuis Cartagena). Après prises de renseignement auprès de ma pote Victoria, j’avais la confirmation que Necocli était l’alternative idéale pour partir à Capurgana : la ville est plus sympa, plus sûre et le trajet en lancha moins long ! Mais que demander de plus ? C’était bien là l’avantage de Necocli mais aussi, comme nous l’apprendrons plus tard, son plus grand problème.

Mais Necocli c’était aussi, nous le savions, la présence de la communauté d’indigènes Guna Dule (Kuna pour la version occidentalisée) et leur splendide artisanat, « les molas ». Mlle A, grande amoureuse des molas, tenait elle aussi des informations de premières mains : elle avait dans sa besace un ami qui nous a mis en contact avec Eylin, employée à la mairie de Necocli. Et c’est comme ça, en discutant avec Eylin, que nous avons compris qu’il nous fallait absolument rester quelques jours ici.

Pourquoi faut-il s’arrêter à Necocli ?

paysage et vaches sur les hauteurs de necocli en colombie

En arrivant à Necocli la première chose que l’on vous demandera sera de savoir si vous partez le lendemain matin pour Capurgana. Et c’est bien là le plus grand problème de Necocli, comme nous l’expliquera bien Neylin. En effet, la ville est, pour les touristes colombiens ou étrangers, un simple lieu de passage, d’une nuit, avant de faire la traversée. Il y a là un véritable enjeu pour cette ville pauvre et tout un travail de développement touristique à mener pour arriver à retenir les visiteurs d’un soir et leur montrer que Necocli n’est pas seulement un port de passage, loin de là. C’est là que la mairie tente de développer le tourisme à travers son programme #NecocliTieneMagia. En découvrant ce qu’avait à offrir Necocli, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait là une perle de tourisme rurale à faire découvrir absolument.

Pour notre part, nous avons eu le plaisir d’expérimenter de près deux petits bonheurs de Necocli :

Balade archéologique avec le Groupe GHIA

La Colombie est un pays d’histoire et vous pourrez le découvrir dans de nombreux endroits du pays, comme par exemple à Villa de Leyva. Nous avons eu la chance de découvrir l’Histoire locale avec un grand H grâce à une balade guidée que nous avons faite avec une association fantastique : GHIA. GHIA c’est une association menée par Camilo qui a décidé de prendre en main la destinée archéologique de son village, San Sebastian de Uraba, proche de Necocli. Camilo a fédéré 25 jeunes du village de 7 à 60 ans 😉 pour tenter de recenser, protéger et faire découvrir la richesse patrimoniale locale. Deux histoires s’entremêlent ici : tout d’abord celle des indiens, dont la présence attestée remonte à des milliers d’années, des céramiques, des lieux de cultes, des cimetières sont découverts sans arrêt ici. Et d’autre part, c’est ici, à San Sebastian, que les Espagnols ont posé le premier pas sur le continent sud-américain. C’est de cet endroit précis que la colonisation du continent a eu lieu !

ancien cimetière indigène à San sebastian de uraba près Necocli en Colombie
Cimetière indigène à San Sebastian de Uraba

berger et ses vaches à necocli en colombie

céramiques précolombiennes a san sebastian de uraba près de Necocli en Colombie
céramiques préservées par l’association GHIA
Musicien accordéoniste à Necocli en Colombie
Chez Lazaro

Un croisement d’histoires passionnantes qui nous étaient racontées lors d’une superbe balade organisée par GHIA. Nous y avons écouté un vieux du village nous parler des mythes et légendes de San Sebastian, puis nous avons découvert la richesse de la nature avec Lazaro, le botaniste musicien, et finalement écouté cette formidable histoire basée sur des découvertes archéologiques avec Camilo, jeune passionné et passionnant, porteur d’un projet humain, éducatif et social ! Camilo, nous espérons à ton association beaucoup de réussite, les soutiens qu’elle mérite, et une prise de conscience de la population locale pour que les richesses de votre patrimoine soient protégées et mises en valeur comme il se doit !

Rencontre avec une famille Guna Dule

Un autre grand moment de notre séjour à Necocli fut la rencontre avec la famille de Don Milton et la découverte de la culture des indiens Guna Dule. (Plus connus sous le nom occidentalisé de Kuna).

Famille d'indiens guna dule à caïman nuevo près Necocli en colombie
Chez Don Milton

Les Guna Dule (Tule Kuna) sont les descendants d’indiens déjà présents à l’époque de la conquête espagnole autour du Golfe d’Uraba en Colombie ainsi qu’au Panama autour des îles San Blas. Une des particularités de leur tradition réside dans la fabrication des molas, tissus brodés très colorés qui servent de parures aux femmes. Traditionnellement, les hommes « écrivent » (dessinent) les figures et les femmes les tissent. Les dessins géométriques figurant sur les Molas servent notamment de protection et ont une importance particulière lors du rite de passage de l’enfance à l’adolescence pour les filles lors de l’apparition de la première menstruation.

colas artisanat des indiens guna dual en colombie
Les molas, artisanat des indiens Guna Dule

molas indiens guna dele caimán nuevo en colombie

molas indiens guna dele caimán nuevo en colombie

Nous avons ressenti une grande chance de pouvoir rencontrer cette famille vivant à Caiman Nuevo (Ibgigundiwala), près de Necocli. Don Milton travaille à faire connaître sa culture, celle du peuple Guna Dule, il donne notamment des cours à la faculté. Il faut savoir qu’une grande partie des Guna Dule vivent à l’écart de la société, dans les montagnes, où il est très difficile d’aller à leur rencontre. 
Les couleurs vives des molas sont symbole de joie et représentent bien l’état d’esprit de la culture Guna Dule dont les piliers éducatifs sont : le silence, l’écoute, l’observation et donc le tissage.

Necocli, future perle du tourisme rural en Colombie

Alors voilà oubliez un instant l’association « Caraïbe = Plage paradisiaque » et imaginez-vous plutôt à un carrefour écologique, historique et culturel d’une richesse insondable : c’est Necocli.

Necocli et sa région c’est une présence indienne de plusieurs milliers d’années, une culture encore forte et vivante aujourd’hui.

Necocli et sa région c’est l’Histoire avec un grand H car c’est ici que les Espagnols ont installé leur première colonie sur le continent sud-américain, rien que ça ! Et il y a des jeunes passionnés pour vous faire découvrir cette histoire incroyable, le groupe GHIA.

Necocli c’est une faune et une flore encore totalement vierge et préservée : pour dire, les tortues l’ont choisi comme lieu de nidification !

Et Necocli c’est la vie de la « costa » colombienne comme elle peut être découverte dans sa plus pure simplicité, pour ne pas dire… authenticité.

Durant notre séjour nous avons eu la chance de faire de superbes rencontres. Des gens non seulement très intéressants, mais d’une gentillesse fabuleuse : Camilo, Lazaro, Don Milton… et évidemment Eylin et toute sa famille qui s’occupe de l’Hotel Punta Caribana , petit hôtel dans lequel nous logions et que ne pouvons que recommander. Il y règne un esprit familial et Mlle A, tombée malade pile au mauvais moment peut témoigner de la gentillesse de toute la famille d’Eylin. Quand vous repartez avec un régime de banane du jardin spécialement coupé pour vous… comment résister ?

Ici à Necoclí, il y a simplement la vie qui s’y coule et il n’y a qu’à la regarder filer pour tenter d’en saisir l’essence. Et cela, rien que cela, devrait suffire à vous convaincre.

plage de necocli en colombie

uraba dit non à la violence faite aux femmes
Volontaires pour dire non à la violence faite aux femmes
poisson et patachons au bord de l'eau à necocli en colombie
Pargo rojo, patacones, riz de coco et limonada !

bus d'école à necocli en colombie

Quelques infos

Comment s’y rendre

Le plus simple est de se rendre à Monteria par avion, ensuite il faut simplement se rendre en taxi à la gare routière pour prendre un minibus qui vous amène en 2h à Necocli. Nous avons utilisé la compagnie de bus Sotracor , allez-y en confiance. Le prix du bus fin 2016 : 70 000 $ par personne.

Où loger

Hotel Punta Caribana
C’est le seul hôtel que nous avons testé, nous y sommes allés grâce à notre contact avec Eylin, rien à redire : bien tenu, bien placé et esprit de famille.
Adresse : Cra.50 # 46 – 84 Calle de la Policía, Necocli
Réservez une chambre à l'hotel Punta Caribana

Que faire à Necocli

Balades archéologiques et écologiques
J’en ai parlé plus haut, c’est à faire absolument, pour l’intérêt et pour soutenir Camilo et son Grupo de Historia e Interpretación Arqueológica (GHIA) dans le village de San Sebastián de Urabá. Passez-le bonjour de notre part ! 😉
Mail: ghianecocli@gmail.com
Mobile: 322 522 9691
Page Facebook de GHIA

Cerro del Águila y Desove de Tortugas Marinas
Vous trouverez dans le village de Lechugal  se trouve l’association ACTAETUR, initiative de tourisme communautaire qui se charge de la conservation de quatre espèces de tortues marines qui viennent se reproduire sur les plages alentours. Vous pourrez en profiter pour vous rendre au sommet du Cerro del Aguila, point de vue remarquable sur le golfe.

Ciénaga del Salado y La Marimonda
Il est possible de visiter les Marécages del Salgado et la Marimonda, au programme, activité de kayak et d’observation d’oiseaux, reptiles et faune terrestre.

Volcan de boue
Necocli offre plusieurs possibilités d’aller se plonger dans la boue d’un volcan dans les villages alentour à Lechugal et El Carlos. Plus proche de la ville, on trouve également la possibilité de profiter des vertus de l’argile à la Hacienda Virgen del Cobre.

Ensenada de Rionegro
45 minutes de lancha sur le Rionegro pour découvrir la richesse naturelle locale et pouvoir observer quantité d’oiseaux dans les mangroves. À l’Ensenada vous pourrez passer la journée à vous baigner dans l’eau douce et tranquille du fleuve et faire un tour de kayak.

Alors vos impressions sur Necocli ?

Vous feriez un stop par là-bas vous ?

4 Commentaires

  • Merci pour cette jolie découverte . Effectivement avant que cela devienne un lieu trop à la mode . Je note cet endroit dans mes futures destinations à venir ….. Faut il parler l espagnol couramment ou peut on se débrouiller avec un anglais courant ?

    Merci

    • Bonjour ! Et merci de votre commentaire. C’est une très bonne question à laquelle je suis bien en peine de répondre. Pour tout vous dire, cela va dépendre de ce que vous souhaitez faire là-bas. Cela dit les colombiens sont tellement sympa qu’ils finiront toujours par vous faire comprendre de quoi ils parlent. Mais surtout que cela ne soit pas un frein à votre désir d’y aller, vous ne serez pas déçu ! Et passez le bonjour de notre part si vous allez par là-bas ! 🙂

  • Bonjour,

    J’ai failli demander à Samuel de nous mettre une carte générale dans chaque article pour nous resituer ; car ceux qui voyagent sur les blogs passent souvent de la Corée à la Chine ou à l’Amérique du nord un peu moins fréquentée ces temps-ci .
    Comme je ne suis pas paresseux (ici, je pense à l’animal sud américain qui peut passer 3 heures sans bouger), je suis allé sur le net pour voir les cartes disponibles . Sur Necocli pas de problèmes mais sur Capurgana pas moyen d’obtenir la moindre carte . J’ai donc repris l’article pour m’apercevoir qu’il y avait un lien sur Capurgana et un lien conséquent .

    Quel boulot ! (même si cette espèce arboricole est assez rare en Amérique du sud) . Autrement dit : « chapeau l’artiste » ; je ne m’attendais pas à des liens aussi construits .

    Bravo même si ma première suggestion me semble permettre un abord immédiat de remise en situation (je n’ai pas osé dans le bain…) .

    Bien cordialement . J.M. MARTIN

    • Bonjour Mr Martin, oui la carte… c’est une idée que j’avais commencé à mettre en place au tout début du blog, j’en avais créé à la main, et puis cela demande tellement de temps que je n’ai pas persévéré. Mais je ne peux qu’être d’accord avec vous, moi qui adore les cartes !

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