Venise la nuit

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Venise la nuit

Venise la nuit, rien ne m’avait préparé à cela. Rien de ce que je n’avais lu, rien de ce que je n’avais vu, rien de ce qu’on ne m’avait dit, rien. Et si vous ne voulez rien savoir, alors arrêtez-vous ici, sur ces mots. Arrêtez-vous, ne poursuivez pas plus loin cette lecture si vous voulez connaître la sensation de découvrir à chaque seconde, à chaque pas hésitant, à chaque respiration, ce que Venise offre à ses passants nocturnes.

Si vous faites le choix de continuer cette lecture, à vos risques et périls, je décline toute responsabilité quant aux bouleversements existentiels qui en résulteront pour votre vie future.

Venise la nuit… rien ne m’avait préparé à cela. Celle qui tente de surnager dans le flot de touristes qui s’agglutine dans les pas du Venise incontournable devient tout autre à la nuit tombée. L’éclairage public surprend par sa modestie. Certaines ruelles sont à peine éclairées et si l’on veut bien s’écarter du parcours fléché, tout un monde lointain reprend vie.

Il me fallait donc ici faire un éloge crépusculaire de la cité des doges.

Écoute la nuit qui s’étend, écoute le vent faire silence dans les rues, écoute les canaux se parant d’huile, tu entends ? Les pas des passants ordinaires pressant le son de leurs talons de bois sur le pavé millénaire.

Ce soir, Venise, d’une lueur diaphane, illumine sa part d’ombre éternelle et se transforme en succube noctambule. Vénéneuse, la belle-de-nuit fanera comme toujours aux matines sonnantes, mais pour le moment, entend son souffle qui enfle dans la lagune. Les craquements lointains se font rugissements, un poison vole dans l’air et chante une étrange sérénade.

Une brume imperceptible semble monter des tréfonds de cette nuit aqueuse qui nous enveloppe, sombre, décidée. Venise se fait sentinelle d’une aurore impossible que même la lune ne voudrait voir. Dans l’obscurité maintenant déposée, la virée revêt les contours d’un rêve éveillé, nyctalope, les yeux bandés et le corps arqué vers ces phares aveuglants. Les veilleuses n’éclairent plus le chemin du nuiteux égaré, elles dansent en météores, hululent dans la nuit blanche, préparent une embuscade à chaque coin d’eau fumante.

Illuminations.

Une peur magique s’enroule tout autour de ces torches tombantes. Minuit, le noir s’immisce comme une insomnie sur des gondoles à l’arrêt. Le sommeil vole dans l’air. Un sommeil serein, séculaire. Endormie, Venise revit et lève d’invisibles couvre-feux pour nous offrir à voir son vrai visage, celui ténébreux et masqué d’un Casanova d’opérette dont on n’apercevrait simplement le bout d’une cape voler là-bas, au détour d’une ruelle au repos.

Aube.

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